
Intervenu sur les ondes de radio Express FM, l'expert en sécurité sociale Badr Smaoui a déclaré que le secteur privé a actuellement droit à l'augmentation salariale qui n'a pas été appliquée en 2025, à l'exception de certaines entreprises ayant déjà entamé des négociations et approuvé des augmentations internes. En effet, il a souligné que les partenaires sociaux doivent assumer leurs responsabilités en la matière.
A ce titre, il a ajouté que l'article 15 du projet de loi de finances 2026, qui prévoit des augmentations de salaires dans les secteurs public et privé et qui se répercuteront sur les pensions, s'inscrit dans le cadre de la garantie de la stabilité sociale et de l'amélioration du pouvoir d'achat. Badr Smaoui a d’ailleurs insisté sur le fait qu'il s'agit d'une mesure périodique, les augmentations étant mises en œuvre tous les trois ans.
Dans le même veine, l’expert en sécurité sociale a souligné que le texte prévoyait l'augmentation par décret, rappelant l'augmentation salariale de 2022 consécutive à l'accord avec l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), également promulguée par décret qui, juridiquement parlant, ne mentionnait pas la partie négociatrice. Et de poursuivre en expliquant que le problème réside essentiellement dans le fait que les augmentations dans le secteur privé ne sont généralement pas réglementées par décret. En effet, il a indiqué que si le président de la République a eu recours à l'inclusion de cette augmentation dans le projet de loi de finances, c'est parce que l'UGTT et l'organisation patronale (les parties négociatrices) n'étaient pas parvenues à un accord sur les augmentations pour les années suivantes à la fin de 2024. Le Président a donc estimé qu'il était de son devoir d'intervenir et d'approuver cette augmentation.
S’agissant des augmentations elles-mêmes, Badr Smaoui a déclaré qu'il n'était pas encore possible de déterminer un pourcentage uniforme, soulignant que toutes les données se rapportant à des taux qui circulent sont inexactes. Il a rappelé que lors des négociations de 2022, les augmentations proposées pour les secteurs public et privé oscillaient entre 3,5 %, 5 %, 6,5 %, 6,75 % et 7,5 %, ce qui indique qu'elles étaient relatives et non absolues.
Par ailleurs, il a souligné que ces augmentations sont liées à plusieurs indicateurs, notamment le taux d'inflation, le taux de croissance et l'état des services publics. L’expert en sécurité sociale a noté que les finances publiques subissent des pressions qui nécessitent parfois des transferts de fonds d'un poste budgétaire à un autre. Il a, en outre, considéré l'option de ne pas recourir au Fonds monétaire international comme difficile, mais la moins dommageable, compte tenu notamment de l'amélioration des indicateurs économiques, tels que ceux des secteurs du tourisme et de l'agriculture, qui auront des répercussions positives sur les soldes de l'État en générant des ressources supplémentaires.
Concernant l'augmentation pour le secteur privé et les questions qu'elles soulèvent, Badr Smaoui a déclaré que le ministre des Finances avait précisé que les négociations tiendraient compte de la situation de chaque entreprise. Il a souligné que le gouvernement est conscient que l'augmentation salariale n'a pas été uniforme par le passé et ne le sera pas non plus, compte tenu de l'existence de plus de 50 accords sectoriels différents signés antérieurement.
Dans le même propos, l’expert a précisé que l'augmentation des salaires dans le secteur privé ne représente pas une charge pour le budget de l'État, contrairement à l'augmentation des salaires dans le secteur public, financée par les fonds publics. Et d’expliquer que le secteur privé a actuellement droit à l'augmentation salariale qui n'a pas été appliquée en 2025, à l'exception de certains établissements qui ont déjà entamé des négociations et approuvé des augmentations internes.
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