Dhafer Sghiri appelle la Banque centrale à renforcer son rôle dans la réforme des chèques

Intervenant le jeudi 12 mars 2026 au micro de radio Express FM, le député Dhafer Sghiri a exprimé des réserves concernant la mise en œuvre de la nouvelle législation encadrant l’usage des chèques en Tunisie, critiquant notamment ce qu’il considère comme une implication insuffisante de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans l’accompagnement de cette réforme.

A cet effet, le parlementaire a estimé que les mécanismes actuellement mis en place par l’institution monétaire ne répondent pas pleinement aux exigences de la nouvelle réglementation. Selon lui, la plateforme instaurée dans le cadre de l’application de la loi constitue certes une première étape, mais elle reste insuffisante pour assurer une régulation efficace du marché des paiements.

Dans la même veine, il a ainsi appelé la BCT à adopter une démarche plus proactive, notamment en matière de contrôle de l’application de la loi et de suivi opérationnel des nouvelles dispositions relatives aux chèques. Pour Dhafer Sghiri, la réussite de la réforme dépend d’un dispositif de supervision solide et d’un engagement plus marqué de l’autorité monétaire.

Au-delà de la question du chèque, l’élu a également évoqué le défi plus large de la modernisation des moyens de paiement en Tunisie. Il a regretté l’absence, selon lui, d’initiatives structurantes visant à promouvoir des alternatives, telles que l’extension de l’usage des cartes bancaires ou le développement de facilités de paiement similaires à celles en vigueur dans plusieurs économies avancées. Dans cette optique, il a plaidé pour un rôle plus actif de la Banque centrale de Tunisie dans la transition vers une économie davantage numérisée et moins dépendante du chèque, un instrument qui demeure très utilisé dans les transactions commerciales locales.

Et Dhafer Sghir de poursuivre qu’il est nécessaire que la Banque centrale joue un rôle pionnier dans ce domaine, en ouvrant un véritable débat et en encourageant l’adoption de moyens de paiement alternatifs, estimant ainsi que l’approche actuelle reste trop prudente.

Le député a par ailleurs critiqué ce qu’il considère comme une orientation excessivement conservatrice dans la conduite de la politique monétaire et réglementaire. Selon lui, cette posture freine l’émergence d’innovations financières et limite l’adaptation du système bancaire tunisien aux évolutions des pratiques de paiement à l’échelle internationale. Il a enfin évoqué d’autres dossiers réglementaires qu’il juge insuffisamment clarifiés, notamment l’application de la loi relative à l’accès aux comptes en devises ainsi que la position de la BCT concernant le projet de réforme du code des changes. Sur ces questions, il estime que les orientations de l’institution monétaire restent encore peu lisibles pour les acteurs économiques et financiers.
 

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