Moez Hadidane : la suspension des échanges en Bourse tunisienne : un signal clé pour les investisseurs

La Bourse de Tunis traverse une phase de turbulences après une année exceptionnelle. L'analyste financier Moez Hadidane, interrogé lors de sa participation au programme “Express Summer Mag”, sur Radio Express FM, a remis en perspective les secousses récentes qui ont agité le marché. En effet, le constat de départ est éloquent : le TUNINDEX affichait une progression de plus de 60 % depuis le début de l'année au 17 juillet, avec une hausse annuelle atteignant 82 %. Dans ce contexte, les prises de bénéfices observées ces derniers jours constituent, selon l'analyste, un phénomène parfaitement naturel.

Moez Hadidane a expliqué que le déclencheur immédiat de la volatilité est l'annonce d'un mécanisme de microfinance sur le crédit, qui a semé l'inquiétude parmi les investisseurs. Le secteur bancaire pesant 50 % de la pondération du TUNINDEX, des ventes massives d'actions bancaires ont rapidement fait chuter l'indice. Conformément à la loi de 2013 régissant la Bourse de Tunis, les cotations ont été automatiquement suspendues lorsque la baisse a franchi le seuil de 3 %, puis à nouveau lorsqu'elle a atteint 5 %. A ce titre, l’analyste financier a tenu à préciser que ces suspensions n'avaient rien d'exceptionnel : elles résultent de l'application mécanique d'un dispositif prévu par les textes.

Mardi, la séance a illustré la capacité de résistance du marché : après une chute intraday de 4,63 %, l'indice a rebondi pour clôturer en hausse de 1,3 %, un signal que l'analyste juge encourageant. Sur le fond, Moez Hadidane pointe une fragilité structurelle : la Bourse de Tunis ne compte que 75 sociétés cotées et n'a enregistré aucune nouvelle introduction depuis plusieurs années. Cette offre limitée concentre la demande sur un petit nombre de titres, amplifiant mécaniquement les mouvements de cours. La hausse spectaculaire de 2026 reflète en partie la correction de valorisations longtemps déprimées, mais ne traduit pas fidèlement l'état réel de l'économie tunisienne.

Dans le même propos, et pour la suite, l'analyste financier anticipe un retour à des fluctuations normales de l'ordre de 1 à 2 %, et appelle les investisseurs à ne pas céder à la panique. Sa recommandation est claire : diversifier les portefeuilles, sélectionner les titres sur la base de leurs fondamentaux et garder en tête que la tendance de fond reste positive, les valorisations des sociétés cotées demeurant raisonnables en comparaison internationale.

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