
10,4 milliards de dinars, c'est le déficit commercial accumulé par la Tunisie sur les cinq premiers mois de 2026, en hausse de 24,5 % sur un an. Un record absolu pour une période de cinq mois, selon l'analyste financier Moez Hadidane, qui intervenait mercredi dans l'émission Ecomag. Ce qui frappe davantage encore, c'est la vitesse d'accélération. Sur les quatre premiers mois de l'année, le déficit ne progressait que de 3,2 % par rapport à la même période de 2025. L’analyste financier a expliqué que le seul mois de mai a creusé un déficit commercial de près de 2 milliards de dinars, le troisième plus élevé jamais enregistré en un mois.
Dans le même contexte, Moez Hadidane a précisé que le responsable du déficit n’est autre que l'énergie. En effet, les importations énergétiques ont atteint 2,1 milliards de dinars en mai, contre seulement 500 millions d'exportations. Le solde énergétique mensuel s'établit ainsi à 1,6 milliard de dinars de déficit, un niveau inédit dans l'histoire économique du pays. Pour mesurer l'ampleur du choc, l’invité d’Ecomag rappelle un point de comparaison saisissant : le déficit des cinq premiers mois de 2026 dépasse déjà celui enregistré sur la même période en 2022, année qui reste à ce jour le record annuel absolu avec 25 milliards de dinars sur douze mois.
La Tunisie va-t-elle battre ce record ? Moez Hadidane ne le croit pas. Il projette un déficit annuel 2026 compris entre 22 et 25 milliards de dinars, tablant sur une relative détente des prix mondiaux du pétrole pour contenir la dérive en seconde partie d'année. Mais au-delà des chiffres, l'analyste financier est clair sur le fond : aucune amélioration durable n'est possible sans réformes structurelles. Renforcer la compétitivité de l'économie, soutenir les secteurs à forte valeur ajoutée, développer les exportations, c'est à ce prix, et pas autrement, que le déficit commercial tunisien cessera d'enchaîner les records.
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