
L'expert économique Moez Hadidan a affirmé, lors de son intervention sur les ondes de radio Express FM, que le projet de création d'une banque postale en Tunisie est un projet structurel susceptible de développer le secteur financier et de renforcer l'inclusion financière, notamment grâce au vaste réseau de la Poste tunisienne à travers le pays.
A cet effet, il a expliqué que le contexte économique et financier tunisien fait de l'idée d'une banque postale une option cruciale, la Poste tunisienne disposant d'une infrastructure solide et d'une large clientèle, ce qui peut contribuer à l'expansion des services bancaires et à l'accès à une plus large partie de la population. En outre, l'expert a souligné que le secteur bancaire tunisien souffre d'une concurrence limitée, les services et les frais étant similaires d'une banque à l'autre, avec seulement de légères différences. Cette situation limite la diversité de l'offre bancaire et renchérit le coût des services pour une grande partie des citoyens.
Dans la même veine, Moez Hadidan a ajouté que l'un des principaux défis auxquels est confrontée l'économie tunisienne est la difficulté d'accès au financement. Il a d’ailleurs expliqué que les banques sont tenues de respecter des normes de solvabilité et de gestion des risques, ce qui les rend plus prudentes dans l'octroi de prêts, notamment aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et aux particuliers.
Et l’invité de Midi Express d’expliquer qu'il existe trois scénarios possibles pour la création d'une banque postale. Le premier consiste à transformer entièrement la Poste tunisienne en un établissement bancaire. Cependant, cette option pourrait se révéler complexe en raison du chevauchement potentiel entre les activités postales traditionnelles et les activités financières et bancaires.
Quant au deuxième scénario, il prévoit la création d'une succursale bancaire affiliée à la Poste tunisienne, opérant de manière indépendante dans le secteur bancaire tout en s'appuyant sur le réseau de bureaux de poste répartis sur l'ensemble du territoire. Hadidan estime que cette option permet une intégration des deux activités sans perturber le fonctionnement de l'institution mère.
La troisième option consiste à acquérir une banque existante. Toutefois, Moez Hadidan considère cette solution comme peu réalisable, car l'acquisition d'une banque en difficulté financière pourrait avoir un impact négatif sur la Poste tunisienne, tandis que l'acquisition d'une banque en bonne santé financière serait extrêmement coûteuse.
Par ailleurs, l’expert économique a confirmé que si la Poste tunisienne entrait dans le secteur bancaire, elle serait soumise à la même réglementation que les autres établissements bancaires, notamment en ce qui concerne les taux d'intérêt et les critères de solvabilité fixés par la Banque centrale. Il a toutefois souligné que le véritable atout de la Poste tunisienne réside dans le niveau des frais bancaires. L'institution pourrait proposer des services financiers à moindre coût, en s'appuyant sur son expertise des services numériques et des systèmes de paiement, tels que les cartes de paiement et les paiements électroniques.
Pour conclure, Moez Hadidan a expliqué que les frais bancaires élevés constituent l'un des principaux freins à l'inclusion financière en Tunisie, car de nombreux citoyens hésitent à ouvrir un compte bancaire en raison du coût des services et des diverses commissions prélevées.
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