Lutte contre la corruption en Afrique : la Tunisie dans le Top 10, mais sur la corde raide

La Tunisie progresse dans la lutte contre la corruption, mais ses acquis restent fragiles. C'est, en substance, le message que délivre la Fondation Mo Ibrahim dans son rapport 2026 consacré à la gouvernance africaine, publié sous le titre "Anti-Corruption : from decline to recovery".

Sur les 54 pays africains évalués, la Tunisie se hisse à la 9e place avec un score de 55,9 sur 100, devançant largement la moyenne continentale fixée à 39,1 points. Sur dix ans, entre 2016 et 2025, elle a gagné 4,2 points et grimpé de trois places dans le classement, se positionnant juste derrière le Cap-Vert et devant le Burkina Faso.

Des chiffres encourageants, mais que la Fondation Mo Ibrahim invite à lire avec prudence. Dans sa nomenclature, la Tunisie est classée dans la catégorie "Warning signs", autrement dit les pays dont la dynamique d'amélioration n'est pas encore suffisamment solide pour en garantir la durabilité. Une stagnation, voire une régression, reste possible si les réformes engagées ne sont pas poursuivies avec constance.

Le rapport, qui évalue la prévention et la lutte contre la corruption à travers six indicateurs sur la décennie écoulée, dresse ainsi un tableau nuancé. La Tunisie fait partie des pays dont le bilan décennal est positif, mais elle n'appartient pas encore au cercle des nations affichant les trajectoires les plus solidement ascendantes du continent.

En clair, le classement flatte, mais ne doit pas endormir. Neuvième en Afrique pour la lutte contre la corruption, la Tunisie a les moyens de consolider cette position. Elle n'a pas encore les garanties qu'elle le fera.

SOURCE: TEMA

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