La consommation aux États-Unis demeure solide en dépit de difficultés croissantes (Analyse QNB)

L'économie américaine continue de faire preuve d'une remarquable résilience face à un contexte mondial de plus en plus complexe et incertain. Ce constat demeure valable malgré plusieurs obstacles, notamment une incertitude accrue, des pressions inflationnistes persistantes et le risque de taux d'intérêt élevés et durables pesant sur le moral et le pouvoir d'achat. La montée des tensions géopolitiques y compris le conflit en cours avec l'Iran et les différends commerciaux persistants – alimente une forte volatilité des prix des matières premières et perturbe les chaînes d'approvisionnement mondiales. La hausse des coûts du pétrole et du transport maritime se répercute directement sur les prix des transports, de l'énergie et des biens, augmentant les coûts de production des entreprises et érodant le pouvoir d'achat réel des ménages. Ces évolutions devraient peser sur la dynamique de la consommation à l'avenir, même si la demande reste soutenue par des fondamentaux solides.

Dans ce contexte, la consommation qui représente près de 70 % du PIB américain  continue de progresser à un rythme modéré, demeurant le principal moteur de l'activité économique. Si la croissance s'est normalisée après la forte expansion post-pandémique, les données récentes indiquent toujours une dynamique soutenue des dépenses des ménages. Plus particulièrement, les dépenses de consommation personnelle réelles ont progressé à un rythme annualisé d'environ 2 à 3 % ces derniers trimestres, tandis que le volume des ventes au détail demeure supérieur à sa tendance pré-pandémique. Cependant, l'intensification des difficultés et la pression croissante sur le pouvoir d'achat mettront à l'épreuve la vigueur de la demande des consommateurs dans les trimestres à venir. Cet article examine trois facteurs clés qui soutiennent la demande des consommateurs américains.

Premièrement, le marché du travail reste globalement robuste malgré un certain ralentissement de la création d'emplois. Le taux de chômage a légèrement augmenté pour atteindre environ 4,3 %, après avoir atteint des niveaux historiquement bas, mais il demeure dans la fourchette généralement associée à un marché du travail équilibré. Parallèlement, la croissance des salaires continue de dépasser l'inflation, les salaires réels ayant progressé d'environ 1 à 2 % en glissement annuel ces derniers mois, renforçant ainsi le pouvoir d'achat des ménages. Les indicateurs conjoncturels témoignent également d'une résilience continue, les demandes initiales d'allocations chômage restant faibles par rapport aux normes historiques. En conséquence, la croissance de la consommation demeure ancrée dans les fondamentaux des revenus.

Deuxièmement, le bilan des ménages reste un pilier essentiel de la consommation, reflétant la valorisation élevée des actifs. Les ménages américains continuent de bénéficier d'un niveau élevé de patrimoine net, notamment grâce aux marchés actions et immobiliers, le patrimoine net total des ménages dépassant 180 000 milliards de dollars ces derniers trimestres. La solidité des résultats des entreprises a renforcé ces tendances, contribuant à propulser les principaux indices boursiers américains à des niveaux records et à accroître le patrimoine des ménages. Par ailleurs, les prix de l'immobilier sont restés fermes, reflétant une offre restreinte et une demande soutenue. Ces facteurs génèrent des effets positifs sur le patrimoine, encourageant les dépenses, en particulier chez les ménages à revenus élevés, qui détiennent une part disproportionnée d'actifs financiers. De ce fait, la solidité des bilans continue de constituer un important rempart contre la hausse des coûts et soutient la dynamique globale de la consommation.

Troisièmement, l'accès au crédit continue de soutenir les dépenses des ménages, offrant un soutien supplémentaire à la consommation. L'encours du crédit à la consommation demeure élevé, dépassant les 5 000 milliards de dollars, tandis que les soldes des cartes de crédit ont franchi la barre des 1 000 milliards de dollars ces derniers trimestres. Cette expansion des emprunts a contribué à maintenir la consommation, notamment pour les ménages disposant de moins de liquidités. Les flux de crédit sont restés actifs dans les principaux segments, y compris les cartes de crédit et les prêts automobiles, témoignant d'une demande de financement soutenue. Parallèlement, la large disponibilité du crédit permet aux ménages de lisser leur consommation dans le temps, malgré la persistance des pressions sur les coûts. De ce fait, le crédit demeure un vecteur essentiel du maintien de la vigueur et de la continuité de la demande des consommateurs américains.

En définitive, la demande des consommateurs américains continue de faire preuve d'une remarquable résilience, soutenue par un marché du travail solide, des bilans de ménages robustes et un accès continu au crédit. Ces facteurs ont permis à la consommation de rester le principal moteur de l'activité économique, même dans un contexte mondial difficile. Si l'incertitude accrue et la hausse des coûts sont susceptibles de mettre à l'épreuve la vigueur de la demande, la combinaison de la croissance des revenus, des effets de richesse et de la disponibilité du crédit devrait continuer à constituer une base solide pour les dépenses des ménages à court terme.

VERSION ANGLAISE

The US economy continues to display notable resilience against an increasingly complex and uncertain global backdrop. This comes despite several headwinds, including elevated uncertainty, persistent inflationary pressures, and the risk of higher-for-longer interest rates weighing on sentiment and purchasing power. Rising geopolitical tensions – including the ongoing conflict involving Iran and continual trade disputes – are fueling significant commodity price volatility and disruptions to global supply chains. Higher oil and shipping costs are feeding directly into transportation, energy, and goods prices, increasing input costs for firms and eroding households’ real purchasing power. These developments are likely to weigh on consumption dynamics going forward, even as demand continues to be supported by strong fundamentals.

Against this backdrop, consumption – which accounts for close to 70% of US GDP – continues to expand at a moderate pace, remaining the main pillar of economic activity. While growth has normalized from the strong post-pandemic expansion, recent data still point to steady momentum in household spending. In particular, real personal consumption expenditures have grown at an annualized pace of around 2–3% in recent quarters, while retail sales volumes remain above their pre-pandemic trend. However, intensifying headwinds and building pressures on purchasing power will test the strength of consumer demand in the coming quarters. In this article, we discuss three key factors that sustain US consumer demand.

First, labor markets remain overall robust despite some moderation in job creation. The unemployment rate has slightly increased to around 4.3% from historical lows but remains within the range typically associated with a balanced labor market. At the same time, wage growth continues to outpace inflation, with real wages rising by around 1–2% year-on-year in recent months, reinforcing households’ purchasing power. High-frequency indicators also point to continued resilience, with initial jobless claims remaining low by historical standards. As a result, consumption growth remains anchored in income fundamentals.

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Second, household balance sheets remain a key pillar of consumption, reflecting elevated asset valuations. US households continue to benefit from high levels of net wealth, particularly through equity and housing markets, with total household net worth exceeding USD 180 trillion in recent quarters. Strong corporate earnings have reinforced these trends, helping push major US equity indices to record highs and boosting household wealth. Additionally, house prices have remained firm, reflecting tight supply conditions and continued demand. These factors generate positive wealth effects, encouraging spending—especially among higher-income households, which hold a disproportionate share of financial assets. As a result, balance sheet strength continues to provide an important buffer against rising costs and supports overall consumption dynamics.

Third, access to credit continues to sustain household spending, providing an additional buffer for consumption. Consumer credit outstanding remains elevated, with total credit exceeding USD 5 trillion, while credit card balances have surpassed USD 1 trillion in recent quarters. This expansion in borrowing has helped maintain consumption, particularly for more liquidity-constrained households. Credit flows have remained active across key segments, including credit cards and auto loans, reflecting continued demand for financing. At the same time, the broad availability of credit allows households to smooth consumption over time, even as cost pressures persist. As a result, credit remains a key channel sustaining the strength and continuity of US consumer demand.

All in all, US consumer demand continues to display notable resilience, underpinned by firm labor market conditions, strong household balance sheets, and continued access to credit. These factors have allowed consumption to remain the central driver of economic activity, even amid a challenging global backdrop. While headwinds from elevated uncertainty and rising costs are likely to test the strength of demand, the combination of income growth, wealth effects, and credit availability should continue to provide a solid foundation for household spending in the near term.

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