
Au premier semestre 2026, les dix banques cotées à la Bourse de Tunis affichent une progression globale du produit net bancaire, mais des trajectoires très différentes. La note de Prime Partners Holdings les lit sous cinq angles (croissance, rentabilité, risque, ressources, solvabilité), sans classement : chaque établissement y est lu par la contrainte qui décidera de sa marge de manœuvre.
Le chiffre le plus parlant est celui des ressources. Le ratio crédits/dépôts va de 57 % chez BIAT et Attijari Bank à 97 % chez Banque de Tunisie et plus de 100 % chez BH Bank. Pour les premières, la question n'est plus de collecter mais d'employer des dépôts surabondants avec un rendement suffisant ; pour les secondes, prêter davantage suppose d'abord de nouvelles ressources.
La croissance du revenu ne dit pas son origine. Amen Bank signe la plus forte hausse du PNB du panel (+17,7 %), portée pour moitié par le portefeuille financier. BIAT progresse peu en revenu (+1,9 %) mais fortement en résultat (+10,3 %), grâce à la baisse du coût du risque. Banque de Tunisie et UBCI affichent des hausses à deux chiffres avec des profils de transformation différents.
Le risque reste le filtre. La BNA dispose de la marge de solvabilité la plus élevée du panel, mais porte un stock d'engagements classés encore supérieur à 20 %. Chez ATB et BH Bank, dont la note intègre les états financiers semestriels depuis le 24 septembre, les dotations nettes sur créances augmentent fortement. Elles passent de 32,7 à 68,6 MDT chez ATB et doublent presque chez BH Bank, à 146,7 MDT.
Trois arbitrages dominent le semestre : croissance contre risque, capital contre ressources, volume contre rendement. Une lecture par le seul PNB donne une image incomplète : le vrai sujet, pour chaque banque, est la prochaine contrainte qui peut freiner la création de valeur.
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