
Le professeur d'économie Aram Belhadj a affirmé, mardi 20 octobre 2026, que le projet de loi de finances 2027 n'est pas pleinement en phase avec les orientations du plan de développement 2026-2030. Selon lui, ses mesures comportent certains aspects positifs, mais ne sont pas à la hauteur des défis économiques et sociaux du pays.
En effet, participant à l'émission « Midi Express » sur radio Express FM, l'économiste a relevé un décalage entre l'objectif de stabilisation économique et les prévisions du projet, qui table sur une aggravation du déficit budgétaire, de 11 à plus de 14 milliards de dinars, et sur une hausse continue de l'endettement. Il a jugé insuffisants les fonds consacrés à la sécurité énergétique et alimentaire ainsi qu'à la transition écologique.
Dans le même sillage, Aram Belhadj a également mis en garde contre la dépendance croissante à l'emprunt intérieur, qui représente plus de 75% des ressources d'emprunt, combinée au financement par la Banque centrale. Il a plaidé pour des réformes plus profondes : élargissement de l'assiette fiscale, lutte contre l'économie informelle, qui pèse plus de 40% de l'économie, et réforme du système fiscal. Il a critiqué une approche centrée sur des mesures limitées, comme le relèvement de la TVA ou de certaines taxes, rappelant qu'une réforme fiscale ne peut se réduire à une hausse des prélèvements.
Concernant les entreprises publiques, le professeur d’économie a recommandé de conditionner tout soutien financier, notamment dans le cadre des contrats-programmes 2026-2030, à des réformes concrètes de gouvernance, de gestion et de qualité de service, faute de quoi la dégradation des services publics pourrait s'aggraver. S’agissant de la question de la croissance, l'universitaire a jugé ardu d'atteindre les objectifs visés en l'absence de réformes structurelles. Il a rappelé que les prévisions nationales pour 2026 (environ 3,3%) dépassent celles du FMI et de la Banque mondiale (entre 2,3% et 2,5%), et s'est interrogé sur la faisabilité d'un taux de 3,1% à 3,3% en 2027, alors que la Tunisie aurait besoin de plus de 5% pour lutter contre le chômage, l'inflation, la pauvreté et les disparités régionales.
Par ailleurs, Aram Belhaj a conclu que le succès de la loi de finances dépendra de sa capacité à engager de véritables réformes dans le cadre d'une politique économique et sociale intégrée, les mesures partielles restant insuffisantes à elles seules.
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