
La Commission européenne a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la guerre en Iran. Ce nouveau choc énergétique alimente l'inflation et pèse l'activité globale, bien que l'UE affiche une meilleure résilience qu'en 2022. L'exécutif européen n’anticipe plus qu’une progression du PIB de 1,1 % pour l'Union européenne et de 0,9 % pour la zone euro en 2026, contre respectivement 1,4 % et 1,2 % projetés à l'automne dernier.
Le rebond attendu en 2027 (1,4 % pour l'UE et 1,2 % pour la zone euro) reste entièrement conditionné à l'évolution de la crise géopolitique : un conflit prolongé et des prix de l'énergie durablement élevés pourraient amputer la croissance européenne de moitié, la bloquant autour des 0,5 %. À l'échelle nationale, les deux moteurs de la région peinent à redémarrer : l'Allemagne stagne avec une prévision de croissance limitée à 0,6 % en 2026 et 0,9 % en 2027, tandis que la France affiche une trajectoire légèrement supérieure mais fragile, établie à +0,8 % puis +1,1 % l'an prochain.
Ce coup de frein sur l'activité s'accompagne d'une nouvelle poussée inflationniste, désormais attendue à 3,1 % dans l'UE pour 2026 avant un reflux visé à 2,4 % en 2027. Si la France bénéficie d'une inflation plus modérée grâce à son mix énergétique, ses indicateurs budgétaires virent au rouge. La Commission table sur un déficit public français à 5,1 % du PIB en 2026, qui pourrait se creuser à 5,7 % en 2027 en l'absence de mesures correctrices, propulsant la dette publique à 120,2 % du PIB d'ici deux ans. Ce niveau d'endettement installe le pays sur le podium des ratios les plus élevés de l'Union, derrière l'Italie et la Grèce, alors que le déficit moyen de la zone euro devrait se limiter à 3,3 %. Sur le marché de l'emploi, le constat est tout aussi lourd avec un chômage français projeté en hausse à 8,3 % cette année, puis à 8,7 % en 2027.
Pour contrer le repli des investissements privés et stimuler la compétitivité, Bruxelles appelle à accélérer les réformes structurelles, notamment l'union de l'épargne et de l'investissement, tout en maintenant un effort public soutenu dans la défense et la transition écologique. L'intelligence artificielle est également identifiée comme un levier clé de productivité, malgré ses risques à court terme sur la consommation des ménages. Ce net refroidissement de la conjoncture économique s'invite déjà au cœur de l'agenda politique : il compliquera les négociations du prochain sommet du 19 juin à Bruxelles, où les Vingt-Sept devront arbitrer le futur budget pluriannuel de l'UE et fixer les modalités de remboursement de la dette commune post-Covid.
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