
Le conflit armé en cours dans le Golfe Persique génère un choc exogène majeur sur l'économie tunisienne, à travers trois canaux de transmission : la flambée des prix de l'énergie, le renchérissement des denrées alimentaires importées et l'explosion des coûts logistiques maritimes. Dans le scénario central (84 $/b), le déficit budgétaire se rapprocherait des niveaux de 2021, les réserves de change tomberaient à 76 jours d'importation et la croissance du PIB pourrait être inférieure à 1% en 2026-2027. La dernière note de conjoncture publiée par MAC S.A présente une analyse en trois scénarios de prix du pétrole (69, 84 et 100 $/b) et en évalue les effets sur le budget de l'État, la balance des paiements et la croissance économique.
Le conflit a enclenché trois mécanismes de perturbation simultanés qui se renforcent mutuellement et dont les effets se propagent sur l'ensemble de l'économie mondiale.
Le blocage du détroit d'Ormuz — par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial — a provoqué un choc immédiat sur les marchés énergétiques. Le prix du Brent, qui évoluait vers 60 $/b avant le déclenchement du conflit, a franchi le seuil des 100 $/b et atteint un sommet de 115 $/b. Au 16 mars 2026, il s'établissait à 102 $/b.
Les attaques des rebelles Houthis au détroit de Bab-el-Mandeb ont contraint les grandes compagnies maritimes à contourner le cap de Bonne-Espérance, allongeant les traversées de deux semaines et provoquant un triplement des primes d'assurance ainsi qu'une explosion des coûts logistiques. Le trafic maritime dans la zone est tombé à moins de 10 % de son volume habituel.
Des retards significatifs sont attendus dans la livraison de composants électroniques, de machines industrielles et de matières premières. Par ricochet, la hausse des prix du gaz naturel risque de réduire la production mondiale d'engrais azotés, avec un effet potentiel de recul de 5 à 8 % de la production mondiale de céréales, alimentant une nouvelle vague d'inflation alimentaire.
Pour MAC S.A, l'expérience du choc ukrainien de 2022 constitue le principal repère historique. Ce choc a fait chuter la croissance du PIB de 4,7% en 2021 à 0,2% en 2023 — une perte cumulée d'environ 8 points de croissance sur trois ans qui n'a même pas permis de combler la contraction de 2020 (-9 % lié au COVID).
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