Pétrole : Le Brent décroche après des signaux positifs sur une désescalade au Moyen-Orient

Les prix du pétrole ont nettement reculé, tandis que les marchés boursiers asiatiques ont progressé, portés par l’espoir d’un accord susceptible de mettre fin au conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran.
 
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré, lors d’une visite en Inde, que les négociateurs disposaient d’« une base assez solide » et qu’un accord pourrait être conclu dès lundi.
 
Dans ce contexte, le baril de Brent, référence mondiale du pétrole, a chuté de 5,5 % à 97,90 dollars, tandis que le brut américain perdait 5,9 % à 90,93 dollars.
 
Le président américain Donald Trump avait auparavant indiqué que l’accord prévoirait la réouverture du détroit stratégique d’Ormuz, sans fournir davantage de précisions.
 
Téhéran a, de son côté, affirmé que les positions américaine et iranienne s’étaient rapprochées au cours de la dernière semaine.
 
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), est quasiment fermé depuis le début du conflit le 28 février.
 
« Les discussions progressent encore. Nous pensions pouvoir annoncer des avancées hier soir, peut-être aujourd’hui », a déclaré Rubio depuis New Delhi.
 
Ces déclarations interviennent après que Trump a affirmé avoir demandé aux négociateurs de « ne pas précipiter un accord », après avoir laissé entendre auparavant qu’une entente était proche.
 
Samedi, le président américain a également indiqué sur les réseaux sociaux avoir eu un « très bon échange » avec les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar autour d’un « mémorandum d’entente relatif à la paix ».
 
Selon lui, « un accord a été largement négocié », sous réserve de finalisation entre les États-Unis, l’Iran et plusieurs autres pays concernés.
 
Trump a également affirmé avoir échangé samedi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que l’entretien s’était « très bien déroulé ».
 
Le président américain a toutefois insisté sur le fait que tout accord devrait impérativement empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
 
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a pour sa part reconnu un rapprochement des positions entre Washington et Téhéran, tout en dénonçant des « déclarations contradictoires » de la part des responsables américains.
 
Depuis début mars, les marchés énergétiques mondiaux connaissent une forte volatilité après les menaces iraniennes visant les navires empruntant le détroit d’Ormuz, en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.
 
Malgré leur récent repli, les cours du pétrole demeurent nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant-guerre, le Brent évoluant autour de 70 dollars le baril avant le déclenchement du conflit.
 
Un cessez-le-feu avait été conclu début avril, ouvrant la voie à des discussions entre Washington et Téhéran en vue d’un accord de paix durable.
 
Pour Saul Kavonic, « une lueur apparaît désormais au bout du tunnel », ce qui pourrait offrir un répit à court terme aux marchés pétroliers.
 
Il estime toutefois que, même dans le scénario le plus favorable, les marchés du pétrole devraient rester sous tension jusqu’en 2027, compte tenu du temps nécessaire pour normaliser les flux via le détroit d’Ormuz, réparer les infrastructures endommagées et reconstituer les stocks mondiaux.
 
Sur les marchés financiers, l’indice japonais Nikkei 225 a progressé de 3 %, franchissant pour la première fois le seuil des 65.000 points, soutenu par les espoirs de réouverture du détroit.
 
Le Japon et la Corée du Sud figurent parmi les économies les plus exposées à cette crise, en raison de leur forte dépendance énergétique vis-à-vis des pays du Golfe.

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