
Les marchés pétroliers ont vivement réagi jeudi à un revirement marqué du discours de Donald Trump, dont les déclarations plus offensives ont pris à contre-pied les espoirs récents d’une désescalade avec l’Iran. Le brut américain a ainsi bondi de plus de 10 %, entraînant l’ensemble du marché dans son sillage.
Alors que le président américain avait laissé entrevoir ces derniers jours une possible accalmie, il a adopté mercredi un ton nettement plus dur, promettant de frapper l’Iran « extrêmement durement » pendant encore deux à trois semaines, notamment en ciblant ses infrastructures énergétiques. Une inflexion qui a surpris les investisseurs, d’autant qu’il a simultanément affirmé être « proche » d’atteindre les objectifs stratégiques américains.
Ce changement de posture a immédiatement ravivé la prime de risque sur les marchés. Selon Claudio Galimberti, de Rystad Energy, la réaffirmation par Washington de la nécessité de rouvrir le détroit d’Ormuz — accompagnée d’un ton plus coercitif — suggère un risque accru d’opérations militaires à court terme.
Dans ce contexte, le Brent de la mer du Nord (livraison juin) progressait de 7,76 % à 109,01 dollars en milieu de journée, après avoir pourtant reculé en début de semaine dans l’anticipation d’un apaisement. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, s’envolait de 10,66 % à 110,79 dollars.
Cette brusque remontée illustre la sensibilité du marché aux signaux politiques contradictoires. « Si les États-Unis devaient intensifier leur intervention, notamment en visant des installations clés comme le terminal de Kharg ou en lançant une offensive terrestre, les prix pourraient atteindre 200 dollars », avertit Tamas Varga, analyste chez PVM.
En parallèle, la fermeture de facto du détroit d’Ormuz continue de restreindre l’offre mondiale, renforçant l’impact de ce durcissement rhétorique. Ryan Sweet, d’Oxford Economics, souligne que cette contrainte limite l’efficacité des mécanismes d’ajustement, comme le recours aux réserves stratégiques.
Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), les stocks stratégiques américains ont d’ailleurs reculé d’environ 300 000 barils sur la semaine achevée le 27 mars, signe d’une pression croissante sur les capacités de réponse.
Les risques d’extension du conflit ajoutent à l’incertitude. Une implication accrue des rebelles houthis du Yémen pourrait perturber le trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb, autre point névralgique du commerce énergétique mondial.
Enfin, cette volatilité se répercute sur les produits raffinés : le diesel européen a franchi le seuil des 200 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022, au plus fort des tensions liées à la guerre en Ukraine.
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