
Le rapport d’exécution du budget de l’État pour 2025 met en évidence un effort d’austérité notable, marqué par une maîtrise des dépenses publiques. Selon les données publiées par le Ministère des Finances de Tunisie, les dépenses budgétaires totales se sont élevées à 57,5 milliards de dinars, un niveau inférieur aux 59,8 milliards de dinars prévus par la loi de finances 2025, et en hausse limitée de 2,8 % par rapport à 2024.
Cette modération des dépenses s’est toutefois traduite par une baisse des dépenses d’investissement et des dépenses en capital, qui ont reculé de 5,1 % sur un an. Les dépenses de biens et services ont également connu un ralentissement marqué, avec une progression limitée à 1,6 % en 2025, contre 12,8 % en 2024 et 17,8 % en 2023, explique le dernier numéro de Tema.
Du côté des recettes, le rapport souligne la bonne performance des recettes fiscales, qui ont représenté 90 % des ressources totales de l’État. Celles-ci ont progressé de 7,3 % sur un an, soutenues notamment par la hausse de l’impôt sur le revenu (+9,3 %), lequel constitue 43,3 % des recettes fiscales. En revanche, les impôts liés à l’activité économique ont affiché une croissance plus modérée, les recettes issues des biens et services (TVA) n’augmentant que de 5,4 %, après 8,2 % en 2024. Les recettes non fiscales ont, quant à elles, fortement reculé en raison de la chute des revenus du gazoduc algérien, tombés à 147,4 millions de dinars, contre 1,55 milliard en 2024 et plus de 2 milliards en 2023.
Malgré la progression des recettes fiscales, l’État a dû recourir à l’endettement pour financer ses dépenses. Sur les 28 milliards de dinars d’emprunts prévus par la loi de finances, 25,6 milliards ont finalement été mobilisés, dont 21,8 milliards sur le marché intérieur. Les emprunts domestiques ont été presque entièrement réalisés, alors que les financements extérieurs sont restés en deçà des prévisions, avec 3,8 milliards levés sur 6,1 milliards attendus, soit un taux de réalisation de 62,4 %.
Grâce à la combinaison de l’effort de maîtrise des dépenses et de la hausse des recettes fiscales, le déficit budgétaire s’est réduit pour la première fois depuis cinq ans, revenant à -9,3 milliards de dinars en 2025, contre -10,8 milliards en 2024 et une moyenne de -11,1 milliards sur la période 2020-2024. En pourcentage du PIB, le déficit s’est établi à -5,4 %, en amélioration par rapport aux -6,7 % en 2024 et à la moyenne de -8 % enregistrée au cours des cinq dernières années.
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