
L’étude de Institut Arabe des Chefs d’Entreprises met en lumière un paradoxe du marché immobilier tunisien : malgré un excédent de logements, l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile pour la classe moyenne.
En 2024, environ 19 % du parc immobilier est vacant, soit 808 000 logements, mais une grande partie reste indisponible ou inadaptée. Parallèlement, la demande progresse (+2,5 % par an entre 2014 et 2024) avec des ménages plus nombreux et plus petits (3,5 personnes contre 4 en 2014).
Le principal obstacle est financier : les prix des logements ont augmenté de +7,1 % par an, contre moins de 5 % pour les salaires, creusant un écart important. Les conditions de crédit aggravent la situation, avec des taux entre 9 % et 12 %, une durée limitée à 15 ans et un apport de 20 %. Ainsi, un ménage gagnant 3 000 DT ne peut emprunter qu’environ 108 000 DT, insuffisant pour un logement moyen.
Ce déséquilibre est accentué par une offre orientée vers le haut de gamme. Résultat : les transactions ont chuté de 23,3 % et les crédits stagnent autour de 13,4 milliards de dinars.
Au final, même les ménages gagnant 3 000 à 4 000 DT sont exclus du marché, transformé en placement pour les plus aisés, ce qui renforce la crise d’accessibilité au logement en Tunisie.
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