Ridha Chkoundali : il existe une forte baisse des investissements depuis 2023


Intervenant dans le cadre de l'émission “Ecomag” sur radio Express FM, le professeur d'économie Ridha Chkoundali a affirmé que la stabilité politique est un facteur crucial pour améliorer la notation souveraine et renforcer le climat des affaires, notamment en ce qui concerne l'attractivité des investissements. Il a expliqué que le premier mandat du président Kaïs Saïed a été marqué par un manque d'harmonie entre les trois pouvoirs de l'État, sur fond de fortes tensions politiques qui ont empêché l'instauration de la stabilité nécessaire. Selon lui, cela ne saurait être considéré comme un indicateur positif pour évaluer la performance économique.

A cet effet, il a ajouté que le monde connaît de profondes transformations économiques et géopolitiques en raison de la guerre avec l'Iran et de ses répercussions sur l'économie mondiale, y compris en Tunisie. Ridha Chkoundali a souligné que l'économie tunisienne repose sur quatre secteurs fragiles : l'agriculture, les transferts de fonds des Tunisiens de l'étranger, le tourisme et les investissements directs étrangers. Il a mis en garde contre les conséquences de ces développements, en particulier sur le climat des investissements.

Et de souligner la forte baisse des investissements depuis 2023, notant que ce manque d'investissement a un impact négatif sur d'autres indicateurs économiques, à l’instar de la création de richesse, la croissance, l'emploi et le pouvoir d'achat. Le professeur d’économie a expliqué que le ratio investissement/PIB est passé de 26 % en 2010 à 17 % en 2022, avant de chuter significativement à 8 % en 2023.

Dans la même veine, Ridha Chkoundali a également mis en lumière le recul important de la Tunisie dans le classement de l'Indice de liberté économique de la Heritage Foundation, où elle occupait la 156e place sur 184 pays en 2026, la classant ainsi parmi les pays « économiquement restreints ». Ce déclin, selon lui, est dû à une intervention croissante de l'État, à une faible protection des droits de propriété et à un durcissement des restrictions sur les investissements.

Par ailleurs, il a soutenu que cette tendance à la baisse des investissements s'est maintenue à travers différentes phases politiques, l'attribuant à plusieurs facteurs, notamment la détérioration du climat des affaires, la baisse de la confiance des investisseurs, la complexité des procédures administratives, l'expansion de l'économie informelle et le recours à des approches punitives pour lutter contre la corruption au détriment de réformes structurelles. De plus, Ridha Chkoundali a également souligné que la multiplication des nouvelles lois et procédures, telles que celles relatives aux chèques et à la facturation électronique, a contribué à accroître la pression sur les acteurs économiques.

Et de conclure en appelant la Présidence et le Gouvernement à mettre en place une cellule de crise chargée de suivre l'évolution de la situation au Moyen-Orient et d'élaborer une vision économique prospective, ainsi que des scénarios pour faire face aux répercussions potentielles dans le cadre d'une loi de finances rectificative d'urgence.
 

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