Mise à jour des listes du GAFI : ce que les banques, bureaux de change et établissements financiers tunisiens doivent retenir (Avis de la CTAF)

Le Groupe d'action financière (GAFI) a actualisé ses listes noires et grises le 30 octobre 2026. De ce fait, la Commission Tunisienne des Analyses Financières (CTAF) a publié le 3 novembre 2026
l'avis n° 2026/264, adressé aux établissements financiers et aux entreprises et professions non financières désignées. Ce signalement concerne, notamment, les banques, les compagnies
d’assurance, les bureaux de change, les intermédiaires en bourse, les sociétés de financement participatif, les bijoutiers, les casinos, etc. Il relaie la mise à jour des listes du Groupe d'action
financière (GAFI) publiée le 30 octobre 2026.
 
Liste noire : aucun changement
 
La liste des pays appelant des mesures spécifiques reste inchangée : la Corée du Nord, l'Iran et le Myanmar. Les deux premiers sont visés par des contre-mesures, tandis que le Myanmar relève de la vigilance renforcée. 
 
Liste grise : quatre sorties
 
Quatre pays quittent la liste des juridictions sous surveillance renforcée : la Bulgarie, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et Monaco. Restent notamment la Bolivie, les Îles Vierges britanniques, l'Angola, le Népal, le Cameroun, Haïti, le Kenya, le Liban, le Laos, le Soudan du Sud, la Syrie, le Venezuela, le Vietnam, le Yémen, le Koweït, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l'Irak et la Bosnie-Herzégovine. 
 
Des mesures différenciées
 
Pour la Corée du Nord, l'annexe de l’avis de la CTAF prévoit la fin des relations de correspondance bancaire, la fermeture des filiales de banques nord-coréennes et la limitation des relations d'affaires avec les ressortissants nord-coréens.
 
Pour l'Iran, l’annexe interdit l'ouverture de filiales ou de bureaux de représentation. Elle impose aussi de limiter, selon une approche par les risques, les relations et transactions, y compris en actifs virtuels. Enfin, elle proscrit toute nouvelle relation de correspondance et exige la revue des relations existantes.
 
Pour le Myanmar, la vigilance renforcée suppose de collecter des informations supplémentaires sur le client, de mettre à jour son identification, de vérifier l'origine des fonds et d'obtenir l'accord de la direction. Le contrôle de la relation d'affaires doit aussi être accru. La CTAF insiste sur un point : ces mesures ne doivent pas entraver les flux d'aide humanitaire ni l'activité des organisations à but non lucratif légitimes. Elle souligne par ailleurs que les risques de fraude et de cybercriminalité restent élevés dans ce pays.
 
Pour les pays de la liste grise, les assujettis doivent porter une attention particulière aux relations avec leurs résidents et ressortissants, en obtenant des informations complémentaires, en actualisant l'identification et en vérifiant l'origine des fonds. 
 
Une obligation rappelée
 
Les personnes visées à l'article 107 de la loi organique n° 26 de 2015, modifiée en 2019, doivent appliquer ces mesures selon les cas et leur évaluation des risques. Elles peuvent se référer à la note explicative de la CTAF du 1er juillet 2022, révisée le 17 février 2026.
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