Loi de finances 2027 : les grandes lignes selon le député Mohamed Amine Ouerghi

Le député Mohamed Amine Ouerghi, membre de la Commission des finances et du budget à l'ARP, a estimé, le mardi 29 septembre 2026, que les grandes orientations du projet de loi de finances 2027 restent dans la continuité des années précédentes, fondées sur le recours aux ressources propres et la maîtrise des dépenses publiques. En effet, intervenant au micro d'Expresso, il a évoqué des mesures destinées à encourager la création d'entreprises, notamment 1 200 sociétés communautaires annoncées, ainsi que des incitations fiscales possibles, comme des exonérations sur quatre ans ou des dispositifs ciblant les régions de l'intérieur.

Dans le même propos, Mohamed Amine Ouerghi a toutefois écarté toute hausse supplémentaire de la pression fiscale sur les entreprises, jugeant la fiscalité déjà élevée, notamment pour les services financiers et les grandes entreprises. Il a plaidé pour une politique fiscale davantage tournée vers l'investissement et l'initiative privée, avec des mesures spécifiques pour des secteurs comme les batteries, l'agroalimentaire ou l'électronique, ainsi que des taux de TVA plus incitatifs pour attirer les entreprises et les jeunes vers le secteur privé.

En outre, le député a appelé à revoir certaines mesures douanières pénalisant les industriels locaux face aux produits finis importés, ainsi qu'à réduire les droits de douane sur les camions et équipements de production, qu'il considère comme des outils de compétitivité plutôt que des biens de luxe. S’agissant du financement du budget, l’invité d’Expresso a pointé la baisse des recettes non fiscales, certaines entreprises publiques étant devenues, selon lui, une charge plutôt qu'une source de revenus pour l'État. Il a, d’ailleurs, appelé à un réexamen approfondi des dépenses publiques, un engagement pourtant pris par le gouvernement dès 2023.

Parmi les propositions des députés, Mohamed Amine Ouerghi a mentionné la création d'une ligne de garantie permettant à l'État de couvrir jusqu'à 80% des risques de financement pour les porteurs de projets de moins de 40 ans, ainsi qu'un fonds de prévention et de traitement des addictions sous la tutelle du ministère de la Santé.

Concernant le chapitre de la facturation électronique, le parlementaire a indiqué que le dossier reste en discussion, une proposition parlementaire pouvant être déposée si le gouvernement ne répond pas aux réserves exprimées. Concernant le Code des changes, il a précisé que les travaux de la commission demeurent suspendus à l'avis de la Banque centrale de Tunisie, qui n'a fourni aucune clarification à ce jour.

 

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