
Le profil de l’endettement extérieur de la Tunisie amorce une phase de désendettement. Le stock de dette extérieure est passé de 117,3 milliards de dinars en 2020 à 125,0 milliards en 2025, après avoir culminé à 135,4 milliards en 2023, selon Tema.
Cette évolution s’accompagne d’un net repli du ratio dette extérieure/PIB, qui s’établit à 73,8% en 2025 contre 83,8% en 2024, et entre 90% et 98% sur la période 2020-2023, traduisant une amélioration du profil de solvabilité macroéconomique du pays.
En revanche, la structure de la dette suscite des préoccupations. La part de la dette à court terme a fortement augmenté, passant de 28,4% en 2020 à 41,9% en 2025, son plus haut niveau sur la période. De même, les crédits commerciaux ont enregistré une progression continue, représentant désormais 27,7% du total de la dette en 2025, contre 10,0% en 2018. Cette dynamique accentue l’exposition aux conditions de financement de marché et au risque de refinancement.
Par ailleurs, le service de la dette extérieure s’est établi à 12,4 milliards de dinars en 2025, en baisse de 13% par rapport à 2024 (14,3 milliards). Rapporté aux agrégats macroéconomiques, il recule de 9,0% à 7,4% du PIB et de 23,0% à 19,5% des recettes d’exportation, ce qui allège la pression immédiate sur la balance des paiements, tout en demeurant à un niveau élevé.
Au total, la diminution du stock et des ratios de dette en 2025 traduit une amélioration de la soutenabilité globale. Toutefois, la hausse de la dette à court terme et des crédits commerciaux accroît les risques de liquidité et de refinancement. La Tunisie apparaît ainsi moins endettée en niveau, mais plus vulnérable aux chocs liés aux taux d’intérêt, aux conditions de marché et à l’évolution des recettes d’exportation, ce qui souligne la nécessité d’allonger les maturités et de diversifier les sources de financement.
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