
Longtemps considérée comme le socle de la stabilité et du progrès social, la classe moyenne tunisienne subit aujourd’hui l’accumulation de chocs économiques, sociaux et environnementaux. Une note d’analyse de l’Association des économistes tunisiens (ASECTU), rédigée par l’économiste Fatma Mabrouk, souligne l’impératif d’adopter une stratégie intégrée pour protéger ce groupe social essentiel au contrat national.
Le diagnostic révèle une érosion accélérée du pouvoir d’achat sous l’effet de l’inflation, de la pression fiscale et de la hausse du coût des services. Bien que situés au-dessus du seuil de pauvreté, de nombreux ménages font désormais face à un risque réel de déclassement social. Cette vulnérabilité pousse les familles vers des stratégies de résilience contrainte, telles que la diversification informelle des revenus ou l’émigration, ce qui génère des coûts importants en termes de fuite des compétences et de précarisation.
Pour restaurer la capacité de contribution de cette classe à la croissance inclusive, l'ASECTU préconise une réponse publique ciblée. La priorité doit être accordée à la formalisation progressive de l’économie informelle, qui fait actuellement office de filet de sécurité. En sécurisant les moyens de subsistance et en améliorant l’accès à la protection sociale, cette démarche renforcerait l’intégration des acteurs économiques dans le circuit national.
Parallèlement, le développement de l’auto-entrepreneuriat dans des secteurs d'avenir comme l’e-commerce, les énergies renouvelables et les services numériques constitue un levier stratégique. Ces activités permettent de diversifier les sources de revenus et de réduire la dépendance à une activité unique. Enfin, la Tunisie doit transformer la migration en moteur de développement via des mécanismes de migration circulaire, permettant de mobiliser le capital financier et le savoir-faire de la diaspora au profit de l'investissement local.
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