Fathi Zouhair Nouri : les banques doivent avoir le courage de financer davantage de projets innovants

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fathi Zouhair Nouri, a affirmé que la Tunisie ne manque ni de ressources humaines ni d'idées de projets innovants, mais plutôt d'investissements productifs et de financements orientés vers l'économie réelle. Dans le cadre de la tenue de la 39e édition des Journées de l’Entreprise, organisée par l’IACE, il a ajouté que la Tunisie a besoin d'un effort collectif reposant sur quatre piliers : la souveraineté économique, l'emploi adéquat, l'investissement productif et une gouvernance rigoureuse.

Dans la même optique, le gouverneur de la BCT a indiqué que le taux d'investissement national se maintient à 16 % du PIB, dont seulement 58 % sont des investissements privés. Ce pourcentage est insuffisant pour parvenir à une croissance durable. Par ailleurs, les prêts à court terme ont connu une forte hausse de 8,1 % entre 2022 et 2024, contre seulement 3,3 % pour les prêts à moyen et long terme. Selon les propos de Fathi Zouhair Nouri, cette tendance témoigne d'un « sacrifice des projets productifs au profit du financement des besoins immédiats ». Et de poursuivre que le secteur privé souffre d'une préférence pour la consolidation des positions existantes, d'une mentalité de survie et d'une incapacité à utiliser les lignes de crédit destinées aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) proposées par les institutions financières étrangères.

Continuant sur la même lancée, le gouverneur de la BCT a souligné la nécessité de stimuler l'investissement par un renouvellement des investissements dans l'industrie, les services, l'agriculture, le secteur numérique, la transition écologique et l'économie de la connaissance, tout en tirant parti des opportunités disponibles. Il a affirmé que le danger pour l'investissement ne réside pas dans l'ampleur des risques, mais dans l'inaction. Il a expliqué : « Ne pas investir, c'est régresser. »

Dans le même registre, Fathi Zouhair Nouri a déclaré que le système bancaire doit orienter les ressources vers des investissements créateurs de richesse. Cela implique de placer l'investissement au cœur du modèle de développement et d'orienter les prêts vers des projets capables de générer de la croissance et de créer des emplois décents.

Le gouverneur de la BCT a exhorté, à ce titre, les banques à avoir le courage de financer davantage de projets innovants. Il a déclaré que le rôle de la Banque centrale est de garantir la stabilité monétaire (en maîtrisant l'inflation, en stabilisant le dinar et en maintenant la notation souveraine) tout en modernisant ses services, notamment la plateforme numérique « EXOP » (octobre 2025) dédiée aux dépôts et aux opérations de change, en attendant la nouvelle plateforme « TRADIS », qui constituera un progrès majeur pour faciliter les transactions financières liées au commerce extérieur, en plus de son rôle dans l'amélioration de la liquidité du système bancaire.

 

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