
L'analyste financier Bassam Ennaifer a expliqué, lors de son intervention sur les ondes de radio Express FM, que la nouvelle directive de la Banque centrale visant à renforcer le système de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme représente un progrès considérable en termes de rigueur et de vigilance imposées aux bureaux de change.
A cet effet, il a souligné que les nouvelles instructions soumettent la plupart, voire la totalité, des opérations de change à un contrôle strict, et ce, contrairement au système précédent qui permettait à quiconque d'échanger des sommes d'argent limitées sur simple présentation d'une pièce d'identité, sans que la provenance des fonds ne soit vérifiée. Bassem Ennaifer a mis en lumière le rôle crucial des bureaux de change dans l'intégration des devises étrangères au circuit économique formel, que ce soit par le biais des transactions des touristes, des Tunisiens résidant à l'étranger ou encore des revenus locatifs et de services divers. Il a d’ailleurs insisté sur le fait que ces transactions peuvent parfois être détournées à des fins illicites.
Dans le même propos, l’analyste financier a expliqué que la nouvelle directive oblige les bureaux de change à signaler immédiatement au Comité d'analyse financière toute transaction suspectée d'être liée à des sources illicites ou au financement d'activités illégales, même si le soupçon naît quelque temps après l'exécution de la transaction. Il a souligné qu'il ne s'agit pas simplement d'un signalement au moment de la transaction, mais d'un système de surveillance continue exigeant du bureau de change qu'il examine ses données disponibles si de nouvelles informations susceptibles de modifier l'évaluation de la transaction précédente apparaissent.
Par ailleurs, Bassem Ennaifer a insisté sur le fait que ces mesures s'inscrivent dans un système de contrôle plus large englobant le secteur bancaire et le marché financier, et s'appuient sur le développement des bases de données nationales, notamment le Registre national des entreprises (RNE), qui permet un suivi plus précis des transactions financières.
Et de poursuivre que les bureaux de change ne sont pas en dehors du système financier formel, au contraire, ils en constituent un maillon essentiel, compte tenu du volume de transactions qui y transitent, qu'elles soient effectuées par des Tunisiens ou des étrangers. Il a noté que certaines de ces transactions peuvent être liées à l'économie informelle, au blanchiment d'argent, voire au financement d'activités terroristes. Par conséquent, le rôle de contrôle des bureaux de change est devenu plus sensible et plus important dans la phase actuelle.
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