Aram Belhadj alerte sur les répercussions économiques d’un conflit avec l’Iran

Intervenant au micro de radio Express FM, l’économiste Aram Belhadj a déclaré que le conflit contre l’Iran pourrait avoir des répercussions directes sur l’économie mondiale et les marchés internationaux. Il a notamment évoqué une éventuelle augmentation des prix des carburants, similaire à celle observée en Égypte, ainsi que des perturbations touchant le commerce extérieur, les chaînes d’approvisionnement, le climat d’investissement, en particulier les investissements directs étrangers, et le secteur agricole.

A ce titre, il a expliqué que la Tunisie serait également affectée par ces évolutions, même si leurs effets ne sont pas encore pleinement visibles. Cette situation s’expliquerait notamment par le maintien des prix des carburants et de l’électricité, ainsi que par une relative stabilité du comportement des consommateurs tunisiens. Il a par ailleurs souligné que la Banque centrale de Tunisie (BCT) a adopté des mesures préventives en renforçant le contrôle des opérations d’importation à travers une nouvelle circulaire encadrant le financement de certains produits jugés non prioritaires.

En effet, l’objectif est de rationaliser les importations et de préserver les réserves en devises, tout en maintenant inchangé le taux directeur. Selon lui, ces décisions sont pertinentes, particulièrement sur le plan monétaire, estimant que la Banque centrale évolue dans la bonne direction. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’adapter la politique budgétaire aux transformations économiques mondiales.

Dans la même veine, Aram Belhadj a également indiqué que l’augmentation des salaires ne constitue pas, à elle seule, une solution durable, affirmant que la construction de l’État social repose avant tout sur la création de richesse et la croissance économique. Dans ce cadre, il a plaidé pour une politique budgétaire fondée sur une austérité intelligente et une meilleure maîtrise des dépenses publiques, tout en appelant à une prise de conscience accrue face aux mutations internationales. Parmi les mesures proposées figurent la rationalisation de la consommation énergétique, le renforcement des stocks de céréales et l’élargissement potentiel du recours au télétravail.

En outre, l’économiste a averti que la prolongation et l’élargissement du conflit pourraient avoir des effets négatifs sur l’économie tunisienne, tant au niveau des finances publiques que du pouvoir d’achat des citoyens. Il a rappelé, à ce propos, des rapports du Fonds monétaire international soulignant l’impact des tensions au Moyen-Orient sur l’économie mondiale, précisant que la Tunisie ne serait pas épargnée.

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