
La Banque mondiale estime que l’intelligence artificielle pourrait devenir un important levier de productivité et de croissance dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP). À court terme, moins de 10 % des emplois de la région seraient exposés à un risque d’automatisation, tandis que 13 % à 20 % pourraient bénéficier d’une hausse de productivité grâce à l’IA.
Le rapport identifie la Tunisie, le Maroc, la Jordanie, l’Égypte et le Pakistan parmi les pays disposant à la fois de talents techniques et d’écosystèmes numériques en développement. La Banque mondiale souligne notamment que la Tunisie et le Maroc sont devenus les principaux exportateurs de produits liés à l’IA dans la région, ce qui témoigne d’un potentiel déjà existant dans les activités technologiques et numériques.
Cependant, ce potentiel reste confronté à plusieurs obstacles. Pour tirer pleinement profit de l’IA, les économies de la région doivent améliorer les compétences, les infrastructures numériques, l’accès à Internet, les capacités informatiques, les données et l’environnement des entreprises. La Banque mondiale insiste également sur le rôle du secteur privé et sur la nécessité de réduire les écarts entre les pays en matière de préparation à l’IA.
Pour la Tunisie, l’enjeu est donc moins de développer des modèles d’IA de pointe que de transformer son capital humain et ses compétences numériques en gains de productivité, en exportations et en emplois à plus forte valeur ajoutée.
Le rapport intervient dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences économiques. La croissance de l’ensemble de la région MENAAP devrait se contracter de 2,1 % en 2026, après une progression de 3,3 % en 2025. Les perturbations des approvisionnements énergétiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, affectent fortement les échanges, le tourisme, l’aviation et la logistique.
Les pays importateurs de pétrole apparaissent toutefois plus résistants : leur croissance devrait atteindre 4,3 % en 2026, contre 3,9 % en 2025.
Le rapport met finalement en évidence une double opportunité pour la Tunisie : son potentiel en matière de compétences technologiques et d’exportation de produits liés à l’IA, mais aussi la nécessité de combler ses lacunes en infrastructures et en préparation numérique.
L’idée centrale est donc que l’IA ne représente pas seulement une menace pour l’emploi : pour la Tunisie, elle peut surtout constituer un moyen d’améliorer la productivité, de développer les exportations numériques et de créer des emplois qualifiés, à condition de renforcer les infrastructures, les compétences et l’écosystème privé.
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