
La Tunisie dispose des atouts nécessaires pour effectuer de véritables percées dans le commerce des produits certifiés halal, un marché dont les échanges globaux représentent environ 9 milliards de dollars par an. Intervenant à l'ouverture de la première édition du Forum international du Halal tenue les 29 et 30 septembre 2026 à Tunis, le directeur général adjoint du Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC), Mamoudou Bocar Sall, a souligné le potentiel important du pays. Les opportunités à l'export concernent principalement l'agroalimentaire, l'huile d'olive, les produits de la mer, les cosmétiques, ainsi que les services financiers et le tourisme.
Afin de concrétiser ces ambitions, le responsable du CIDC recommande d'élargir la certification halal dans l'agroalimentaire, de promouvoir les services touristiques et de télécommunications, d'optimiser la logistique et d'établir des accords stratégiques avec les pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), ainsi qu'avec des partenaires asiatiques, arabes et africains.
Il propose également la création d'un Conseil supérieur du halal placé sous l'égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations. Cette instance regrouperait les principaux acteurs économiques tels que l'UTICA, la FIPA ou le CEPEX afin de structurer l'économie halal, encadrer les flux commerciaux, attirer les investissements et consolider le cadre juridique de la finance islamique.
L'engouement du tissu économique national est déjà palpable. Le président-directeur général du CEPEX, Mourad Ben Hassine, a indiqué que le nombre d'entreprises tunisiennes actives dans le secteur halal est passé d'une vingtaine en 2023 à près de 40 actuellement. La Tunisie aspire ainsi à jouer un rôle de pont entre l'Europe et l'Afrique et prépare sa candidature pour abriter en 2027 le Sommet mondial du Halal, un événement d'envergure internationale supervisé par l'Organisation islamique de la métrologie et des normes. Sur le plan des résultats, le secteur génère déjà 1,3 milliard de dinars d'exportations pour la Tunisie, portées essentiellement par le secteur alimentaire, comme l'a précisé Kais Belaid, président de la société FIBGN Global Business Network et coorganisateur du forum.
Le principal défi réside désormais dans la capacité à faciliter l'accès des entreprises aux marchés extérieurs, aux normes de certification, aux acheteurs internationaux et aux investisseurs. L'enjeu est colossal à l'échelle mondiale : les dépenses des consommateurs musulmans sont passées à 2 600 milliards de dollars en 2024 et devraient atteindre 3 560 milliards de dollars d'ici 2029, portées par des croissances annuelles de 6,5 % pour la consommation, plus de 10 % pour la finance islamique (dont le volume global frôle les 6 000 milliards de dollars) et plus de 11 % pour le tourisme.
Pour capitaliser sur cette dynamique, un mémorandum d'entente axé sur le « financement à impact » a été signé durant le forum entre la société FIBGN et la Banque de Tunisie et des Émirats (BTE). Ce partenariat vise à accompagner les porteurs de projets, les PME et les TPME dans l'obtention des financements nécessaires à la mise en conformité et à la certification de leurs produits. En clôture, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a réaffirmé l'engagement de l'État à appuyer les entreprises locales et à coordonner les efforts avec les structures professionnelles, les universités et les centres de recherche pour façonner une offre tuniso-africaine compétitive et diversifiée sur le marché mondial du halal.
Themes :
© Copyright Tustex
Les articles associés
-
8
-
53
-
77
-
141


































