
Volkswagen s’apprête à supprimer 50 000 emplois supplémentaires dans le cadre du plus vaste plan de restructuration de son histoire. Avec cette nouvelle réduction d’effectifs, le constructeur allemand prévoit désormais de supprimer au total 100 000 postes dans le monde d’ici à 2030.
Le groupe avait annoncé en mars la suppression de 50 000 emplois. La nouvelle vague de réductions portera notamment sur des fonctions d’encadrement et concernera l’ensemble du groupe, qui emploie plus de 660 000 personnes dans le monde.
Cette décision traduit l’ampleur de la crise à laquelle Volkswagen est confronté. Le constructeur, qui possède notamment les marques Audi, Porsche, Skoda, Seat, Bentley et Lamborghini, fait face au recul de ses ventes, à la baisse de ses bénéfices et à une concurrence de plus en plus forte, notamment de la part des constructeurs chinois.
« Un ajustement des effectifs à l’échelle du groupe d’environ 50 000 postes, y compris des fonctions de direction, sera nécessaire », a indiqué Volkswagen. Le directeur général Oliver Blume a qualifié cette décision de « signal fort » pour l’avenir de l’entreprise, estimant que le groupe devait « assumer ses responsabilités envers l’ensemble de ses salariés ».
La restructuration pourrait également toucher le réseau industriel allemand. Volkswagen étudie l’avenir de quatre usines situées à Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm, où les capacités de production sont actuellement supérieures à la demande. Le groupe examine différentes possibilités pour réorienter les activités de ces sites.
Au-delà des suppressions de postes, Volkswagen prévoit de réduire fortement la complexité de sa production. D’ici à 2035, le constructeur compte diminuer de moitié le nombre de modèles qu’il fabrique et réduire de 75 % la complexité de son offre. L’objectif est de concentrer les ressources sur les véhicules les plus rentables et d’augmenter les volumes produits pour chaque modèle afin de réduire les coûts.
La pression est particulièrement forte en Chine, qui constituait jusqu’ici l’un des principaux marchés de Volkswagen. Les constructeurs chinois accélèrent leur développement grâce à des coûts de production plus faibles et à leur avance croissante dans certaines technologies, notamment les véhicules électriques.
Des groupes comme BYD gagnent ainsi rapidement du terrain sur plusieurs marchés, notamment au Royaume-Uni, dans l’Union européenne et en Asie du Sud-Est. Volkswagen doit également composer avec le recul de ses ventes aux États-Unis, dans un contexte marqué par les droits de douane sur les importations automobiles.
Pour Christianne Benner, présidente du syndicat industriel IG Metall et vice-présidente du conseil de surveillance de Volkswagen, le constructeur a « lutté durement pour trouver de bonnes solutions » face à cette « situation de crise ».
L’annonce des 50 000 suppressions de postes supplémentaires marque ainsi une nouvelle étape dans la transformation de Volkswagen. Le groupe cherche désormais à réduire durablement ses coûts et ses effectifs pour restaurer sa compétitivité dans un secteur automobile bouleversé par la transition technologique et l’offensive des constructeurs chinois.
À la Bourse de Francfort, l’action Volkswagen progressait d’environ 7 % vendredi matin après l’annonce de ce nouveau plan.
Themes :
© Copyright Tustex
Les articles associés
-
3967
-
549
-
15927
-
370





































