
Mohamed Salah Souilem, ancien directeur général des politiques monétaires à la BCT, a livré ce lundi 24 août 2026, sa lecture de la situation sur les indicateurs monétaires tunisiens sur radio Jawhara FM.
Premier signal qui interpelle : les billets et monnaies en circulation frôlent désormais les trente milliards de dinars, contre 25,8 milliards à la même période l'an dernier. En seize ans, ce montant a été multiplié par cinq. Les espèces représentent aujourd'hui environ 16% du PIB tunisien, contre 9% en 2010, alors que ce ratio tourne autour de 3 à 4% dans les économies développées.
Parmi les explications avancées, Mohamed Salah Souilem a pointé du doigt la réforme des chèques, ayant poussé une partie des paiements vers le cash, ainsi q’un développement encore insuffisant des moyens de paiement électroniques. L'enjeu est loin d'être anodin : l'argent qui circule hors du circuit bancaire échappe au mécanisme du crédit et freine la capacité des banques à financer l'économie.
Du côté des réserves en devises, le tableau est plus rassurant. Après un creux autour de 92 jours d'importation en juillet, notamment lié au remboursement de 700 millions d'euros de dette extérieure, les avoirs sont remontés à 98 jours grâce aux recettes touristiques et aux transferts des Tunisiens de l'étranger. Cependant, Mohamed Salah Souilem invite à nuancer : une journée d'importation coûte aujourd'hui environ 10% de plus qu'un an auparavant.
S’agissant du dinar et de l'inflation, le ton est mesuré. La monnaie nationale tient, et l'inflation a nettement reculé, passant de 10,4% en 2023 à 5,1% aujourd'hui. Un niveau qui reste toutefois trop élevé selon l'ancien responsable de la BCT, qui appelle d'autres acteurs, notamment le ministère du Commerce, à prendre leur part dans la bataille contre la vie chère.






































