
À l’ouverture de sa réunion ministérielle annuelle, l’OCDE a dévoilé ses nouvelles prévisions de croissance. Face aux incertitudes géopolitiques, l'organisation table sur un ralentissement global et une poussée inflationniste, oscillant entre atterrissage en douceur et risque de récession. L’économie mondiale, qui affichait pourtant une belle résilience début 2026 grâce au boom de l'intelligence artificielle et à l'apaisement des tensions douanières américaines (les tarifs moyens de l'administration Trump étant revenus à 10% contre un pic de 18% en 2025), fait face à un nouveau choc. Le blocage du détroit d'Ormuz et les attaques contre les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient rebattent les cartes.
Pour Stefano Scarpetta, le nouveau chef économiste de l'OCDE, l'impact économique du conflit s'inscrira dans la durée. L'organisation a donc formalisé deux trajectoires possibles.
Dans une première configuration basée sur une résolution rapide de la crise, les prix de l'énergie amorceraient une décrue dès l'été 2026, reposant sur un baril de Brent moyen à 92 dollars cette année et 80 dollars en 2027. Dans ce cas de figure, la croissance mondiale fléchirait à 2,8% en 2026 (contre 3,4% l'an passé) avant un rebond à 3,1% en 2027. Seize économies hors G20 ont déjà vu leurs prévisions amputées de plus de 0,3 point de pourcentage. Les États-Unis plafonneraient à 2% de croissance tandis que la zone euro afficherait une anémie persistante, créditée d'une maigre progression de 0,8% en 2026. L'Allemagne et la France patineraient à 0,7% et l'Italie stagnerait à 0,5%, laissant la seule Espagne surperformer à 2,2%. Parallèlement, l'inflation dans les pays du G20 remonterait à 4% en 2026 avant de refluer à 3,1% l'année suivante.
Le second scénario, nettement plus sombre, prévoit un enlisement du conflit. Mathias Cormann, Secrétaire général de l'OCDE, prévient que plus les perturbations se prolongeront, plus les coûts économiques et sociaux augmenteront. Ce choc de stagflation ferait peser un risque réel de récession sur les économies européennes fragiles et les pays ouverts d'Asie.
Le PIB mondial s'effondrerait alors à 2,1% cette année et 1,8% en 2027, soit moins de la moitié de la moyenne observée au cours des vingt-cinq dernières années. Cette crise durable propulserait le baril de pétrole à près de 120 dollars en moyenne sur l'année 2027, générant une inflation mondiale supplémentaire de 0,4 point en 2026 et de 1,3 point en 2027.
Le renchérissement des matières premières ne serait que partiellement freiné par le recul de la demande, tandis que le chômage repartirait à la hausse et que les investissements, notamment dans l'intelligence artificielle, subiraient un net coup d'arrêt. Qu'elle soit de courte ou de longue durée, la crise au Moyen-Orient vient ainsi briser l'élan du début d'année 2026.
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