
La Tunisie ambitionne d’atteindre une croissance économique de 3,1 % en 2027, avec un taux d’investissement de 16,4 % du PIB. Ces objectifs interviennent dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés énergétiques et les fragilités structurelles de l’économie nationale.
Présentant les orientations du projet de budget économique pour 2027 devant les commissions parlementaires des finances, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a souligné la résilience relative de l’économie tunisienne face aux chocs mondiaux, tout en insistant sur la nécessité de relancer l’investissement et de renforcer les capacités productives.
Au premier semestre 2026, la croissance du PIB s’est établie à 2,4 %, après des progressions respectives de 2,6 % au premier trimestre et de 2,3 % au deuxième. Cette performance reste inférieure à l’hypothèse de croissance de 3,3 % retenue dans les estimations du budget de l’État pour 2026.
Malgré cette évolution, plusieurs secteurs ont contribué à soutenir l’activité, notamment l’agriculture, avec la production d’huile d’olive, ainsi que les industries mécaniques et électriques. Toutefois, la faiblesse de l’investissement privé, les difficultés financières des entreprises publiques, le recul de la production de phosphate et d’énergie et les contraintes hydriques continuent de peser sur les perspectives économiques.
Pour atteindre l’objectif fixé pour 2027, les autorités misent sur l’accélération des projets d’investissement, la simplification des procédures administratives, le développement des énergies renouvelables et la diversification des exportations. Le renforcement de la compétitivité des entreprises et la relance des secteurs productifs figurent également parmi les priorités.
La réalisation de ces objectifs reste néanmoins tributaire de l’évolution de la conjoncture internationale, de la demande européenne et des prix de l’énergie. L’aggravation du déficit énergétique, les pressions sur les réserves en devises et les effets des changements climatiques constituent autant de risques pour la croissance et les équilibres macroéconomiques.
L’enjeu pour la Tunisie sera ainsi de transformer cette résilience relative en une croissance plus soutenue, capable de stimuler l’investissement, de créer des emplois et de renforcer durablement la production nationale.
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