
Les agriculteurs tunisiens sont encore trop peu nombreux à protéger leurs récoltes. C'est le constat dressé par Lamjed Boukhris, directeur général de CTAMA Assurances, au micro de radio Express FM, alors que les épisodes de grêle se multiplient et frappent désormais à des périodes imprévues de l'année.
En effet, il a indiqué que le secteur agricole pèse pourtant lourd : environ 10 % du PIB, 10 à 11 % des exportations et des recettes en devises, et quelque 500 000 emplois. Or l'assurance y reste marginale. Le taux de pénétration de l'assurance dans l'économie tunisienne atteint 2,3 %, un niveau jugé acceptable au regard de la moyenne africaine mais inférieur aux standards mondiaux. Dans l'agriculture, il est nettement plus faible encore.
Pour Lamjed Boukhris, le frein est d'abord culturel. Beaucoup d'exploitants voient l'assurance comme une dépense superflue, d'autant que les trois quarts d'entre eux cultivent moins de cinq hectares et disposent de moyens limités. Il appelle les compagnies à mieux expliquer que l'assurance n'est pas forcément coûteuse : elle protège l'investissement et garantit la continuité de l'activité en cas de sinistre.
De plus, le DG de CTAMA a précisé que le risque, lui, ne cesse de croître. La grêle peut désormais endommager les céréales comme le blé et l'orge, mais aussi les oliviers et les vergers de pommiers et d'orangers. Les indemnisations jouent alors un rôle décisif pour permettre aux agriculteurs de rebondir. D'où son message : ne pas attendre la catastrophe, et souscrire avant le début de la campagne agricole.
Par ailleurs, Lamjed Boukhris plaide enfin pour une meilleure sensibilisation aux produits d'assurance et une simplification des procédures, afin de rendre la couverture accessible au plus grand nombre d'agriculteurs.
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