
Les chiffres sont là, mais les Tunisiens ne les sentent pas. C'est en substance le message qu'a délivré Aslan Ben Rejeb, président de la CONECT, au micro de radio Express FM. Si la Tunisie affiche une croissance de 2,3% au dernier trimestre et des exportations en progression, ces indicateurs peinent à se traduire concrètement dans le quotidien des entreprises et des citoyens.
En effet, pour l’invité d’Expresso, le problème n'est pas le taux de croissance en lui-même, mais ce qui le compose. Certains secteurs tirent leur épingle du jeu, l'agroalimentaire, l'électrique et l'automobile notamment, pendant que d'autres stagnent. Résultat : une croissance à deux vitesses, inégalement répartie entre secteurs et régions, qui cohabite avec une inflation à 5,6% et un chômage toujours élevé. A ce titre, Aslan Ben Rejeb a expliqué que parmi les freins structurels identifiés, l'accès au financement arrive en tête. Un retard de trésorerie sur une commande à l'export peut suffire à faire perdre un marché, rappelle-t-il. Vient ensuite la logistique : transport, stockage, procédures administratives complexes et coûts élevés fragilisent la compétitivité des produits tunisiens à l'étranger, indépendamment de leur qualité.
Sur le front énergétique, le président de la CONECT est catégorique : les énergies renouvelables ne sont plus un choix idéologique, elles sont devenues une nécessité économique. L'installation de panneaux solaires sur les sites industriels, par exemple, permettrait aux entreprises de réduire leurs coûts de production et de s'affranchir partiellement des tensions d'approvisionnement aux heures de pointe.
Enfin, M. Ben Rejeb a tenu à recadrer la notion de souveraineté industrielle. Elle ne signifie pas tout produire localement, mais identifier les secteurs stratégiques capables de renforcer l'indépendance économique du pays et de servir les objectifs des politiques publiques.







































