Tustex le 07/08/2002L’annonce surprise de la décision de la BTEI
de reporter la distribution des dividendes prioritaires pour les détenteurs de
ses ADP a représenté un coup dur pour cette catégorie de titres promue
initialement pour offrir une alternative intéressante aux actions ordinaires,
en assurant un rendement fixe moyennant l’absence de droits de vote. Cette décision
ne constitue pourtant pas une première sur la place de Tunis puisque les ADP de
la société PBHT ont cessé depuis l’exercice 1998 d’assurer le paiement
des dividendes prioritaires en
raison d’une succession de résultats déficitaires.
Ces deux cas illustrent bien la difficulté rencontrée
par ces nouveaux produits financiers à se développer et attirer les épargnants
puisque les sociétés émettrices n’ont pas toujours été en mesure
d’honorer le paiement des dividendes prioritaires qui représentaient pourtant
leur principal argument d’investissement. Après les décisions de ne pas
distribuer les dividendes, les titres des sociétés concernées perdent une
grande partie de leur attrait et donc de leur valeur boursière.
Pour le cas de la BTEI,
le report des dividendes prioritaires a été décidé suite à une opération
exceptionnelle de provisionnement. La constitution d’une provision supplémentaire
de 9,1 Millions de Dinars pose la question de l’adéquation des provisions
constituées dans les années passées avec l’évolution des créances impayées
au sein de la banque. Les analystes et les experts ont été surpris de
l’ampleur de cette provision qui intervient quelques mois seulement après la
publication des comptes provisoires certifiés. L’explication donnée selon
laquelle cette provision se justifierait par le changement projeté du statut de
la BTEI
d’une banque de développement à une banque universelle, n’apporte pas de réponse
satisfaisante, dans la mesure où l’évaluation du risque d’un portefeuille
de crédit devrait être indépendante du statut de l’établissement de crédit.
La constitution d’une telle dotation supplémentaire laisse penser que la détérioration
des créances impayées de la BTEI
nécessitait, bien avant la récente décision et quelque soit la nouvelle
orientation stratégique, un effort antérieur de provisionnement plus élevé,
dont les actionnaires et le marché auraient dû en être préalablement informés.
D’une manière générale, cette décision de la BTEI
relance la controverse sur le provisionnement des institutions de crédit et sur
la qualité de l’information financière.